Savoir dire non, ou encore faire respecter ses limites n’est pas une chose aisée pour tous. Encore plus pour les femmes à qui on a appris à dire oui et à être de bons soldats qui doivent faire plaisir. Je suis sûre qu’en tant que femme, tu t’es déjà dit « si je refuse ce service que je n’ai vraiment pas envie de rendre, pour qui vais-je passer ? » … Bonjour culpabilité et baisse de confiance ! Pourtant, s’affirmer est essentiel pour un bon équilibre de vie et tu seras ravie d’apprendre qu’une bonne affirmation de soi contribue même à augmenter ta confiance en toi ! Alors on souffle un bon coup, on prend une posture de guerrière, et on dit « non » sans culpabiliser !
Savoir dire non : les principes de l’affirmation de soi
Pourquoi savoir dire non n’est pas simple ?
Savoir dire non, seulement 3 petites lettres qui ont pourtant tant de mal à sortir ! Rassure toi, tu es loin d’être la seule à éprouver cette difficulté. En réalité, on pourrait faire une liste bien étendue du nombre de facteurs qui nous empêchent d’être parfaitement à l’aise avec le fait de s’affirmer ou encore de faire respecter ses limites. Mais dans le respect de ton temps (oui, se respecter soi n’empêche pas le respect de l’autre !) je t’ai fait une sélection de 3 raisons qui semblent souvent entrer en jeu.

1. La peur du jugement
Aaah le jugement… une vraie petite crapule celui-là ! C’est aussi celui qui nous empêche de prendre la parole en public, de défendre un avis clivant, d’agir à contre-sens, bref, d’être soi, quoi !
Mais alors voilà : la vérité, c’est qu’on pense toujours être sous le feu des projecteurs (coucou l’égo !) et que tout le monde va tirer des conclusions grotesques sur notre personne. La plupart du temps, c’est de toi-même dont tu as peur. De ton propre jugement qui est souvent bien plus sévère que celui des autres envers toi.
Résultat, tu fais des scénarios catastrophes, tu imagines le pire des procès et cela te paralyse. Et si tu envisageais un autre chemin ?
Que tu te posais la question “est-ce que je risque vraiment de vivre la situation de mon pire scénario ?” et que tu remettais le focus sur toi ?
Souviens-toi : tu es responsable de ce que tu dis, fais, penses, ressens. Pas de ce que les autres perçoivent, projettent, imaginent, ressentent, pensent. Alors, ça va déjà mieux ?
2. La peur de décevoir
Une deuxième crapule de la même veine que la première ! Parce que dans la peur de décevoir, il y a encore la notion de projection qui entre en jeu. En réalité, on essaye de penser “à la place de”, or tu n’es pas dans la tête de l’autre. Tu n’as donc pas à penser à sa place. Et puis, qu’on se le dise, c’est déjà bien assez dur de penser pour soi !
Concernant cette peur, je te propose de te demander “qui vais-je décevoir si je dis oui à contre-coeur ?” et “est-ce que dans cette situation je suis en mesure de mettre le même investissement personnel, que j’en ai envie ou non ?”. Si la réponse à cette deuxième question est non, peut-être qu’il est préférable d’être honnête et de décliner gentiment en exprimant ses raisons…
3. L’idée qu’on se fait des attentes extérieures
Je te le disais plus haut, souvent, on pense que les autres en attendent des montagnes de nous alors que finalement, c’est nous-mêmes qui avons des hautes exigences.
Bien entendu, il y a des exceptions à cela comme dans toute situation.
Pour la petite histoire, j’avais toujours tendance à m’excuser lorsque je ne répondais pas rapidement à un message, un appel ou autre. Un jour, ma collaboratrice m’a dit “mais Laurine, pourquoi tu t’excuses ? Je n’attends pas de toi que tu me répondes dans la minute, tu as toi aussi des impératifs à gérer !”. Elle avait raison ! Depuis cette conversation, je fais plus attention à cette façon quasi systématique que j’avais de m’excuser de ne pas être “à la hauteur” (ce que je pensais inconsciemment en le faisant) et je porte un regard plus doux sur les attentes extérieures.
Qu’est-ce que l’affirmation de soi ?
L’affirmation de soi, c’est savoir définir ses limites et exprimer ses besoins d’une manière claire, respectueuse de soi et respectueuse des autres. Bien la comprendre favorise un meilleur dialogue, une compréhension mutuelle ainsi qu’une prise de décision plus éclairée. En étant assertif (capacité à s’exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux d’autrui), on crée un espace sécurisant.
Elle fait partie des piliers d’une bonne confiance en soi car elle passe par une bonne connaissance de soi. Si tu veux en savoir plus sur ces sujets, j’ai créé un workbook spécial Confiance en soi que tu peux télécharger juste ici !
Mieux faire respecter ses limites
S’affirmer, je te le disais au-dessus, c’est savoir définir ses limites. Si à priori on pense les connaître, on se rend vite compte qu’on a pas pris le temps de se poser sur le sujet lorsque le moment vient pour nous d’exprimer une limite ou un besoin. Mieux que ça, on arrive parfois même à se convaincre que ce n’est pas si grave de transgresser cette “règle” importante à nos yeux et qu’il est plus convenable de respecter les besoins des autres. Oui, mais non. Parce qu’il y a là une dissonance : on peut se respecter soi ET respecter les autres. S’écouter ne fait pas de toi une égoïste au cœur de pierre qui n’a aucune considération pour les autres. Je dirais même plus : le respect des autres, le vrai, commence par le respect de soi.

Connaître ses besoins
La première étape est de connaître tes besoins. Et je ne te parle pas de tes besoins en surface, mais d’une réelle question à te poser lorsque tu fais face à une situation pour laquelle tu te sens tiraillée entre ce que tu penses et ce que tu imagines devoir répondre (repense à ces fameuses attentes !).
Ton corps est un allié de taille. Lorsque tu n’es pas à l’aise avec ce que tu dis ou fais, ton corps t’envoie physiquement des alertes et devine quoi, celles-ci ne mentent jamais ! En coaching, j’utilise souvent l’image suivante : est-ce que ça fait oui ou non dans ton corps ? Ce que je veux dire par là, c’est que le non traduit un sentiment d’inconfort qui peut se manifester par une sueur, le fait de rougir, d’avoir le palpitant ou encore les mains moites tandis que le oui sera ressenti comme une vibration, une chaleur réconfortante, etc…
Une fois que tu as détecté ces signaux, tu peux ensuite te demander quel est le besoin associé.
Par exemple : une amie déménage et te demande de l’aide, sachant que tu es en repos ce jour-là. Tu es très embêtée car le jour en question est déjà bien chargé, de plus tu dois faire un déplacement à l’opposé de ta destination finale ce qui va te faire courir, stresser et rendre ta journée de repos… très fatigante ! Tu ne veux pas laisser ton amie dans l’embarras bien sûr, quelle amie serais-tu sinon ?
Quel est ton besoin dans cette situation ? Et bien tu as besoin de respecter ton temps et besoin de repos. Dire oui, ce serait renier tes besoins et en payer le prix fort plus tard, et personne ne sera là pour t’aider à ce moment-là (là, c’est mon expérience personnelle qui te parle !). A la place, que dirais-tu d’expliquer à ton amie que tu es déjà prise ce jour-là et que tu as besoin de repos mais que tu lui proposais de l’aider pour l’installation dans les jours qui suivent ? Si c’est une amie, elle n’attendra pas de toi une dévotion absolue et sera reconnaissante de ton offre. Si ce n’est pas le cas et qu’elle se vexe… cela en dira plus sur elle que sur toi.
Déterminer ses limites
Une fois que tu as bien repéré physiquement les sensations qui te guident et le besoin associé, tu peux te demander quelle est ta limite.
Pour cela, il te faudra donc apprendre à les connaître et les déterminer. Tu peux prendre un instant pour y réfléchir et en noter.
En reprenant l’exemple précédent : ta limite acceptable peut être de faire un compromis. Aider ton amie pendant 2h te fait plaisir et n’impacte pas trop ton temps ni ton énergie. En revanche, la limite à ne pas franchir est de ne pas dépasser ces 2h. Enfin, ce qui est inacceptable pour toi serait de changer tes plans et de finalement consacrer toute ta journée à faire ce déménagement, au détriment de tes impératifs.
Ce que savoir dire non va t’apporter
Savoir dire non n’est pas juste une question de satisfaction personnelle. C’est agir dans le respect de soi lorsque l’on en ressent le besoin plutôt que de se renier. En apprenant à dire non d’une manière respectueuse de soi et de l’autre, on ouvre aussi la porte à une meilleure relation avec autrui. Je te résume rapidement pourquoi !
Améliorer sa confiance en soi grâce à l’affirmation de soi

Savoir dire non ou affirmer tes limites, envoie un message clair à l’autre : si tu es à l’aise avec tes limites, l’autre sera moins tenté de les outrepasser. C’est même l’effet inverse qui se produit souvent, lorsqu’une personne est hésitante, peu sûre d’elle, certains y voient là une belle occasion pour obtenir ce qu’ils veulent (d’une manière discutable, qu’on se le dise !). Plus tu seras familière avec le fait de dire non, plus cela deviendra naturel et affirmé : cela va contribuer grandement à augmenter ta confiance en toi… ce qui t’aidera à te sentir encore mieux face au non ! C’est donc un véritable cercle vertueux qui se met en place, pour le meilleur !
Adopter une communication efficace dans le respect de ses limites
Tu connais sûrement l’adage “il faut d’abord s’aimer soi-même pour aimer les autres”. C’est un peu le même principe avec le respect de nos limites. Cependant, s’affirmer, dire non, ne veut pas dire le faire à outrance et dans n’importe quelles conditions.
La clé reste la communication, la bienveillance et le respect mutuel. C’est pourquoi on peut aussi apprendre à mieux communiquer grâce à la CNV (Communication Non Violente) dont les principes reposent sur l’expression de nos ressentis d’une manière claire et factuelle sans entrer dans l’accusation. En exprimant son besoin avec respect, on se respecte soi, on respecte l’autre et on apporte de la sécurité dans notre lien à l’autre. Notre relation n’en sera que renforcée et notre communication plus efficace et sincère.
La CNV pour mieux exprimer ses besoins et faire respecter ses limites
Lors de ses travaux sur la Communication Non Violente, Marshall Rosenberg distingue 4 étapes dans l’expression d’un besoin :
- Observation des faits
- Description des émotions ressenties
- Identification et expression des besoins non satisfaits
- Formulation d’une demande claire et précise
Concrètement, ça donne ça : « Quand (fait précis), je me sens (émotion) car j’ai besoin de (besoin). Peux tu (demande claire + quand) ? » Exemple : “Quand tu es en retard sans me prévenir, je me sens stressée car j’ai besoin d’être rassurée que tu es en sécurité pour rentrer. Peux-tu m’envoyer un message pour me prévenir lorsque tu pars ?
Maintenant que tu as la base, tu peux essayer de pratiquer cette méthode et ainsi vérifier les bénéfices d’une communication de qualité dans tes relations !
Pour conclure, savoir dire non est un vaste sujet qui mérite une longue observation. On se rend compte des freins qui nous empêchent parfois de faire respecter nos limites, de l’image biaisée qu’on a de l’attente des autres envers nous sans prendre en compte les bénéfices pourtant nombreux à s’affirmer. En plus de créer un lien de confiance avec l’autre, on va aussi améliorer notre façon de communiquer et augmenter notre confiance en nous… Que de bonnes raisons de s’y mettre !
Si après la lecture de cet article des freins persistent encore, peut-être y-a-t-il un blocage plus profond qui aurait besoin d’être libéré. N’attends plus pour remédier à cela en prenant rendez-vous avec moi pour une séance de coaching juste ici :
